Un dîner gastronomique dans le  téléphérique ?

Mikuy y était !

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Cet événement unique, proposé pour la première fois dans une station de la région, avait pour cadre la manifestation « Les Chefs au sommet » orchestrée par les offices de tourisme de l’Espace Mercantour et l’association des commerçants. Objectif : dynamiser la fréquentation locale.

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Porteurs du projet, Jean-Max Haussy et Michel Guillot avait mis les petits plats dans les grands pour la clôture de l’événement et mis sur pied cette extraordinaire aventure réservée à quelques privilégiés dont Mikuy 🙂

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Invitée à me rendre à la gare du téléphérique pour ce voyage gustatif, j’y découvre l’une des deux cabines, d’ordinaire réservée aux skieurs, aménagée et chauffée pour la circonstance.

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J’ai hâte de découvrir ce que le chef MOF Jacques Rolancy et le chef pâtissier Bruno Laffargue nous ont réservé et comment ils vont contourner les contraintes liées aux conditions. Car la cabine ne va pas rester en gare mais s’élever, à raison de 3m/seconde – pour ne pas nous brusquer – jusqu’à rejoindre les sommets. Trois voyages aller-retour sont prévus. Nous dégusterons l’entrée lors du premier, le plat lors du deuxième, le dessert lors du dernier.

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Avec la coupette de champagne Philipponnat, les choses s’annoncent plutôt bien ! Vestes blanches et col bleu blanc rouge (pour Jacques Rolancy), les chefs acteurs de la soirée sont là au premier rang pour nous souhaiter bon appétit et bon voyage.

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La cabine a été métamorphosée sous les mains expertes de Dec’Auron. Une vraie table de fête nous attend.

Auron 2016-1A-Anne Sallé-Mikuy@A. Angenost

Chacun prend place. Les bougies allumées ajoutent à la dimension féérique de l’instant.

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Dans les cuisines du téléphérique, Jacques Rolancy met la dernière main à un « Carpaccio de Saint-Jacques, Homard et Mangue, une vinaigrette aux fruits de la passion » tandis que nous savourons un excellent amuse-bouche aux saveurs marines.

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La fraîcheur de la Saint-Jacques (que le chef achète directement auprès des pêcheurs bretons) se marie magnifiquement bien avec l’acidulé du fruit de la passion. Les textures fondent en bouche à leur rythme. L’exotisme  est bienvenu : la météo annonce -27° ! Fausse alerte heureusement. Le baromètre se stabilisera à -11°.

Auron 2016-3A_Anne Sallé-Mikuy-@A.Angenost

Deuxième voyage. Les portes s’effacent pour laisser entrer le « Suprême de Pintade fermier, Rôti au jus, Tartines aux rillons truffés, Purée de ratte moelleuse », très attendu. Le plat fume au sortir de son caisson isotherme. Le chef a plus d’un tour dans son sac !

Les produits ont le goût de ce qu’ils sont. Le jus est de ces jus pour lesquels on se damne. La truffe s’épanouit en larges tranches sur ses rillons. La purée est juste délicieuse.

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Troisième voyage. Bruno Laffargue, l’homme aux macarons, met la dernière main à sa « Poire safranée sur un macaron Gianduja et Crème d’Orange ». Il opère sur une table dressée à l’extérieur au plus près du terminus de la cabine.

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C’est à ce moment précis que la neige se met à tomber… Les flocons sont de plus en plus drus. De l’intérieur de la cabine, j’assiste fascinée au spectacle de ce tableau vivant.

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Les deux chefs se font complices pour nous faire succomber aux douceurs.

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Sous sa coque de caramel filé, la poire trône sur son lit gourmand. Je n’en ai fait qu’une bouchée !

Auron 2016-2A_Anne Sallé-Mikuy-@Luc Florini

Libérés du service, les chefs se joignent à nous pour la finale. Et ils vous le diront :

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Ce soir-là, ça a swingué dans le téléphérique de Las-Donnas ! Mon confrère Alain Angenost, correspondant régional de Gilles Pudlowski, n’a pas que la plume affûtée. Il a aussi la langue bien pendue surtout quand il s’agit de mettre le feu en musique et en chansons.

Alors d’une telle expérience que retiendra-t-on ? Que jamais cabine de téléphérique n’aura été aussi bien habillée et habitée ? Que rien ne fait peur à nos chefs ? Que tout était beau et bon ? Que la gastronomie française reste une valeur sûre, même en plein ciel ? Qu’elle est capable de nous faire oublier toute sensation de vertige ?

J’ai vécu personnellement un moment de grâce, quand la cabine s’immobilisait un instant au sommet à chaque voyage. Plus un bruit, juste la sensation pleine et entière d’être intensément présente et… chanceuse !

Crédits photos : @Luc Florini, @Alain Angenost.

VOIR AUSSI LE REPORTAGE DE FRANCE 2 : http://mobile.francetvinfo.fr/culture/gastronomie/auron-un-repas-gastronomique-dans-le-telepherique_1278077.html#xtref=http://m.facebook.com/