Qu’un salon pro réserve un espace aux femmes chefs, il n’en fallait pas plus pour séduire Mikuy !

Je suis donc allée me corrompre sur Marseille, au Parc Chanot, où se déroulait l’événement. Je n’avais qu’une journée à y consacrer : j’ai donc fait le choix du mardi, dernier jour des agapes, pour y rencontrer les femmes chefs sur ce salon que je découvrais : un salon tout beau, tout neuf, fier de son ADN résolument méditerranéen et avec un dynamisme lié à sa jeunesse. Organisé tous les deux ans, il célébrait ses 3 ans (vous me suivez ?).

J’y ai retrouvé l’ossature du salon pro : des exposants, des concours, des conférences et des animations. Et Agecotel, le salon niçois peut se faire des cheveux. Plusieurs exposants rencontrés, habitués de la grande rencontre niçoise, ont fait le choix cette année du salon marseillais qu’ils estiment plus « dynamique ». Une grande marque de foie gras a même avancé des arguments : sur le Sirha, le gros salon lyonnais, la part des visiteurs azuréens représente « que t’chi » comparée à celle du bassin marseillais, une donnée interprétée comme un signe de désintérêt des professionnels.

Les pro Marseillais ont pour eux, semble-t-il, de savoir se rassembler : je pense à l’association Gourmediterranée et ses 70 chefs, restaurateurs et artisans de bouche de Marseille et alentours, tous amoureux de la cuisine « made in Marseille-Provence-Méditerranée », réunis afin de valoriser le territoire grâce à l’amour de la culture, du produit, et de la gastronomie de la région. Et à son pendant sucré, l’association le Club des Sud’Crés créée pour promouvoir le savoir-faire des chefs pâtissiers, boutiques, restaurants, glaciers et chocolatiers du pourtour méditerranéen.

Enfin, il faut dire aussi que la jeunesse d’un salon parle pour lui.

Le génie féminin

Sur Food’in’Sud, les femmes avaient établi leur quartier le mardi.

Je pensais y voir Annie Feolde, la chef triplement étoilée du Ristorante Enoteca Pinchiorri à Florence, co-présidente du salon. Je l’avais manquée sur le salon monégasque Chefs World Summit. Et bien… je l’ai remanquée ! La chef qui était partie assister aux obsèques de Paul Bocuse avait pris froid et était alitée. Mais j’ai eu le plaisir de voir à l’oeuvre un joli plateau composé de Georgiana Viou (La Piscine, Marseille), Delphine Roux (Chez Madie Les Galinettes), Ahlem Nguili (Chef du Garde-Manger Pullman Bercy, groupe Accor), Vanessa Robuschi (Question de Goût, Marseille), candidate Top Chef 2015, Reine et Nadia Sammut, la mère et la fille (Auberge La Fenière, Cadenet), Marie José Ordener (La Belle de Mai, La Friche)…

Food'in'Sud - Mikuy, Georgiana VIOU, Delphine ROUX

Delphine Roux (Chez Madie Les Galinettes), Mikuy et Georgiana Viou (La Piscine, Marseille) en pleine conversation.

 

Food'in'Sud - Reine et Nadia Sammut

Reine et Nadia Sammut, mère et fille

 

Food'in'Sud - Mikuy, Virginie et Marie-Josée

Vanessa ROBUSCHI, Question de Goût, Marseille, candidate Top Chef 2015, Mikuy et Marie José ORDENER, Les grandes tables de la friche, Marseille.

Dans ces rencontres, j’ai aimé leur professionnalisme, leur complicité, leur ingéniosité, leur bonne humeur et leur envie de partage, stimulés par les thématiques imposées « épices et huile d’olive », « la transformation des restes », « café ou thé gourmand avec douceurs méditerranéennes revisitées ».

Ce que j’ai retenu…

  • les effluves enivrantes de l’encornet farci à l’épaule d’agneau confite aux épices de Georgiana et Delphine,
  • la certitude que les femmes chefs excellent dans le « travailler ensemble ». Toi, tu penses que pour les recettes présentées en direct en binôme, elles ont répété. Et puis tu apprends qu’elles ont juste fait connaissance la veille ou que oui, elles en ont bien sûr parlé…
  • la conviction que les poules vont disparaître : vu que maintenant on sait que même avec les épluchures, on peut faire des bons bouillons, elles n’auront plus rien à se mettre sous le bec !
  • la joie de savoir qu’il y a de l’avenir pour les personnes allergiques et intolérantes : Nadia Sammut, notamment, est fer de lance dans le domaine et c’est bon !
  • la ferme intention d’avoir toujours des pois chiches dans mon placard. On peut le servir en galette (comme un blinis) avec une crème d’amandes et d’herbes, des légumes en pickles mais aussi pour monter sa mousse au chocolat à la place des blancs d’oeufs !

 

Food'in'Sud- pois chiche cuisiné

Nadia et Reine Sammut ont travaillé le pois chiche en galette comme un blinis pour la version salée…

 

Food'in'Sud- pois chiche cuisiné

… et en mousse au chocolat et meringue pour la partie sucrée.

  • la certitude que le café et le thé gourmands ont de beaux jours devant eux et peuvent également être revisités. Je pense à ce thé au sarrasin imaginé par Virginie.

Moi je dis, « vivent les femmes ! «